Jean-Pierre Jouyet s’offre un dernier tour de piste

Après deux ans passés à l’ambassade de Londres, Jean-Pierre Jouyet quitte la capitale britannique. Emmanuel Macron vient de le nommer représentant permanent de la France auprès de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). La diplomate Catherine Colonna fait le chemin inverse.

A 65 ans, l’âge auquel les ambassadeurs sont censés partir en retraite, Jean-Pierre Jouyet s’offre un dernier tour de piste.

Deux ans après l’avoir bombardé ambassadeur à Londres, Emmanuel Macron vient de trouver une nouvelle affectation à l’ancien ministre des Affaires européennes, qui va pouvoir retrouver Paris.

Ce mercredi 19 juin, le conseil des ministres a officialisé sa nomination au poste de représentant permanent de la France auprès de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Jean-Pierre Jouyet y remplace Catherine Colonna, qui, elle, prend l’Eurostar pour le relayer dans la capitale britannique.

Faut-il y voir un lien avec le Brexit ? En tout cas, Emmanuel Macron a décidé de renouveler la représentation diplomatique française à Londres, alors même que Jean-Pierre Jouyet a joué un rôle actif pendant les négociations.

Catherine Colonna (63 ans) prend le relais pour suivre le dernier acte des discussions entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne, dont l’issue est prévue fin octobre.

Pour cette dernière ligne droite, l’Elysée choisit de miser sur une diplomate chevronnée. Porte-parole de Jacques Chirac entre 1995 et 2004, ministre déléguée aux Affaires européennes entre 2005 et 2007, Catherine Colonna a également multiplié les missions diplomatiques. Aux Etats-Unis, en Italie, et depuis 2017, auprès de l’OCDE.

Soutien actif d’Emmanuel Macron

Déterminant dans l’ascension politique d’Emmanuel Macron, qu’il avait pris sous son aile à l’Inspection des finances puis introduit chez , l’ex-secrétaire de l’Elysée Jean-Pierre Jouyet a réussi l’exploit de figurer dans les petits papiers des trois derniers présidents de la Ve République.

Malgré son statut d’homme de gauche, il avait été nommé Secrétaire d’Etat aux Affaires européennes – au titre de l’ouverture – par Nicolas Sarkozy, avant de se mettre au service de son ami François Hollande, en tant que Secrétaire général de l’Elysée.

Entre ces deux missions gouvernementales, il avait obtenu des postes de choix (directeur général de la Caisse des dépôts, président de l’Autorité des marchés financiers) dans la haute-fonction publique. A 65 ans, il est récompensé pour son soutien à Emmanuel Macron, qui lui offre son deuxième poste successif d’ambassadeur. A Paris, cette fois.

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