L214 dénonce égaL214 dénonce également les conditions de vie de ces vacheslement les conditions de vie de ces vaches

L’association de protection des animaux publie ce jeudi une vidéo tournée cette fois dans un élevage expérimental. Les vaches y sont équipées d’un hublot, inséré directement dans leur flanc et qui donne un accès direct à une partie de leur estomac, afin d’étudier leur digestion.

C’est un bras en entier qui disparaît dans un trou pratiqué dans le flanc d’une vache vivante. L’association L214 a publié une vidéo impressionnante filmée dans l’élevage expérimental de Sourches, plus grand centre d’expérimentation zootechnique privé en Europe.

L’association a recueilli les images de vaches à hublot: des vaches dont l’estomac a été perforé et équipé d’une ouverture, afin d’étudier leur digestion.

Des ouvertures de 15-20 centimètres

Cet élevage appartient à l’entreprise Sanders, elle-même détenue par le groupe agro-industriel Avril, qui produit à lui seul 25% des œufs consommés en France, un cochon sur huit et un quart des lapins qui finissent dans les assiettes, selon le rapport de l’association L214.

Le centre a été construit en 1958 pour permettre à l’entreprise de mener des recherches afin d’améliorer la performance économique des élevages.

Sur les images, commentées par l’animateur Nagui, on voit des opérateurs en blouses introduire leur bras ou des outils à l’intérieur de l’estomac de plusieurs vaches après avoir ouvert le hublot placé sur le flanc de chaque animal.

Ces ouvertures de 15-20 centimètres permettent un accès direct au « rumen » le plus gros des quatre compartiments de l’estomac de la vache.

« En période d’expérimentation, on peut ouvrir et refermer leur hublot 6 fois en l’espace de 48 heures pour y faire des prélèvements. Sans compter la pose même du hublot, une opération invasive qui génère des douleurs postopératoires et nécessite une prise de médicaments durant plusieurs jours – des antibiotiques durant deux semaines selon un opérateur du centre », écrit L214 dans son rapport.

« Des douleurs directes » pour les vaches concernées

L214 dénonce également les conditions de vie de ces vaches: bâtiment sans fenêtres latérales, sol en béton sans paille, sale et glissant lorsqu’il est couvert de déjections. « Les hublots présentent des coulures, voire débordent complètement », s’insurge l’association, qui affirme que les vaches laitières ont accès au pâturage seulement deux mois par an.

Par ailleurs, l’association L214 relèvent dans son rapport « des douleurs de manière directe (pour les vaches d’expérimentation qui sont fistulées, c’est-à-dire dans lesquelles on a installé un hublot), et indirecte (pour toutes celles dont la productivité sera artificiellement augmentée en élevage, et qui, le pis alourdi, souffriront de boiteries ou d’infections des mamelles) ».

L’entreprise Sanders n’est pas la seule à utiliser ce procédé de hublot pour mener des expérimentations. La technique a été mise au point au XIXe siècle et s’est développée ces trente dernières années. D’après L214, elle ne vise donc qu’à augmenter les performances des animaux.

Dans la recherche publique, cette méthode est également utilisée. A l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), une trentaine de vaches sont équipées de ce type de canules. C’est environ deux fois moins qu’il y a dix ans, alors que l’Inra veut encore réduire l’utilisation d’animaux porteurs de canules.

« C’est une manière d’étudier le fonctionnement du tube digestif des ruminants qui est très complexe car contrairement aux monogastriques, ils ont plusieurs estomacs », explique à BFMTV.com Jean-Baptiste Coulon, président du centre de l’Inra en Auvergne-Rhône-Alpes.

Les équipes disent étudier le bien-être des animaux

Et de préciser que d’après lui ces recherches permettent d’optimiser l’alimentation des vaches, de limiter les rejets de méthane, de « réduire certains troubles sanitaires comme l’acidose » ou encore d’améliorer la qualité des produits, « notamment la matière grasse du lait ».

Malgré les images impressionnantes tournées dans l’entreprise Sanders, Jean-Baptiste Coulon affirme que les vaches étudiées à l’Inra souffrent « le moins possible » lors de l’installation de ce hublot.

« On travaille avec des gens qui font de la chirurgie humaine », explique le directeur de ce centre, qui serait le seul à pratiquer cette intervention de la sorte, selon lui.

Tout au long de leur vie, les équipes étudient ensuite le bien-être de ces animaux. « On a des indicateurs comportementaux: le temps qu’ils passent debout, couchés, le temps qu’ils ruminent.

Quand on compare avec le temps des animaux à coté, il n’y a pas de différences. S’il y en avait, on arrêterait de les utiliser, les résultats ne seraient pas de bonne qualité », assure Jean-Baptiste Coulon.

Il rappelle par ailleurs que ces expérimentations ne peuvent pas être menées n’importe comment. Tous les protocoles doivent être validés par des comités d’éthique en amont.

Des alternatives aux vaches à hublot

Ces dernières années, l’Inra a décidé de se tourner vers d’autres méthodes, notamment l’utilisation d’un rumen artificiel avec des containers qui représentent les différents compartiments du tube digestif.

« On essaye de reproduire dans ces bocaux ce qui se passe dans l’animal », selon Jean-Baptiste Coulon, « ce qui permet de ne travailler sur l’animal vivant qu’in fine pour vérifier ».

Plus récemment, l’Inra s’est tourné vers l’utilisation de capteurs ingérés par l’animal « qui vont émettre leur situation et transmettre des données sans qu’on ait à installer un dispositif d’appareillage ».

.

.

Share