Patrick Balkany a lu deux lettres écrites par son épouse en 2016 et 2017 à destination du juge d’instruction

Patrick Balkany a lu deux lettres écrites par son épouse en 2016 et 2017 à destination du juge d’instruction. Elle y évoque le déchaînement médiatique dont elle s’estime victime. Elle confie également son état dépressif.

Elle est la grande absente de ce procès et pourtant Isabelle Balkany est bien présente. Alors que son avocat, Me Pierre-Olivier Sur, a plaidé ce lundi une demande de renvoi du procès en raison de l’état de santé de sa cliente, demande qui a été rejetée, la première adjointe à la mairie de Levallois-Perret a accepté d’être jugée en son absence. Elle est toujours hospitalisée dans une unité psychiatrique, après sa tentative de suicide le 1er mai dernier.

Si sa voix est inaudible, ses mots ont eux été entendus. Patrick Balkany, invité à la barre par le président du tribunal en toute fin d’audience ce mardi, a d’ailleurs réservé ses premiers mots à son épouse, en lisant successivement deux lettres qu’elle a écrites pour les juges d’instruction.

L’élu, si calme au cours de cette deuxième journée de procès, écoutant patiemment le juge relater les faits qu’on lui reproche, dévoilant son intimité, s’est dressé pour lire les lettres de sa femme, se tournant bien souvent vers le public.

« Tentations morbides »

La première lettre date du 18 février 2016. Isabelle Balkany, mise en examen depuis 2014, est alors convoquée quelques semaines plus tard par les juges d’instruction. Aux magistrats, elle s’étonne de la « violation du secret d’instruction ». « Aux autres », qu’elle emploie comme anaphore, elle veut dénoncer « les médias complaisants », mais surtout « les poubelles que sont devenues les réseaux sociaux ».

Elle évoque les messages de haine qu’elle reçoit quotidiennement, et les insultes antisémites de plus en plus nombreuses. « Mes manquements financiers ne méritaient pas que je sois livrée à l’opprobre publique », écrit-elle.

« Je veux dire aux autres que je résiste aux tentations morbides », confie Isabelle Balkany.

« Déferlante haineuse »

Dans une seconde lettre, écrite en février 2017, l’adjointe évoque encore son malaise, son mal-être, provoqué par cette « déferlante haineuse », elle qui s’estime la cible d’un déferlement médiatique. Elle dit encore « avoir peur d’être victime d’un cambriolage » après que les détails sur sa propriété de Giverny ont été rendus public. « Depuis plus de 50 ans, je travaille pour mes administrés (…) face à la boue déversée sur nous, je n’arrive plus à me projeter vers le lendemain », écrit-elle encore, évoquant son « état dépressif ».

« Lorsque l’insurmontable sera atteint, je tirerai ma révérence », lit Patrick Balkany. Avant de conclure: « Nous sommes en 2017 (dans la lettre, ndlr), je ne vous lirai pas son post Facebook avant d’avaler 40 pilules mortelles parce que tout le monde l’a lu et commenté. »

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